COP24 laborieuse, taxation carbone suspendue dès le début de la crise des « gilets jaunes »… la préoccupation climatique semble être passée au second plan de l’agenda politique mondial et hexagonal ces dernières semaines. Quelle sera sa place au sein du grand débat national, lancé ce mardi 15 janvier, et qui propose d’y consacrer l’un de ses quatre thèmes ?

Car si la situation politique française a profondément évolué, la situation climatique reste, elle, identique et n’affiche guère de progrès satisfaisants.

Le rythme actuel d’émissions de CO2 et les engagements nationaux annoncés par les États signataires de l’accord de Paris dessinent toujours une hausse de la température globale supérieure à 3°C d’ici la fin du siècle ; loin de la cible souhaitable de +1,5°C (par rapport à la température globale préindustrielle) ou encore de la cible de +2°C, point focal de la COP21 à Paris en 2015.

Or, les conséquences d’un changement climatique à +3°C seraient considérables, c’est ce qui justifie la cible de 1,5°C. Et, même à +1,5°C, les conséquences seront lourdes et le coût d’adaptation, pour cette génération comme pour les futures, sera élevé : perte de rendement agricole, montée du niveau des océans, régions du monde invivables avec son cortège de migrants climatiques, effondrement d’écosystèmes et de biodiversité, évènements climatiques extrêmes et érosion accélérée sont autant de phénomènes qui vont aller en s’amplifiant.

On ne peut pas rétrograder la question climatique et la considérer moins urgente que la crise sociale ou économique.