Comme prévu, Pottermore le nouveau “produit” Harry Potter, et qui est en pause depuis plusieurs jours sur l’internet (attention ça devrait bouger le 31 juillet, date anniversaire de Potter, ou plus simplement en Octobre) – est une communauté pour les fans des romans de fantasy et des films.
Pour les fans, ce projet c’est :

  • la perspective de contenu nouveau,
  • de détails narratif nouveaux autour du canon actuellement en vigueur,
  • la promesse d’une interaction avec JK Rowling,
  • quelques jeux pour récompenser les utilisateurs,

Bref, c’est une perspective alléchante.Cependant, l’effort le plus remarquable est à chercher du côté du propriétaire de l’IP car il constitue une tentative potentiellement révolutionnaire de Rowling et d’autres participants de s’insérer dans le débat des fans d’Harry Potter. J’ai écrit il y a quelques jours, dans un article intitulé Le Royaume du contenu, sur la nécessité pour les entreprises de médias à penser non seulement en termes de contenu pur (un ensemble de 0 et de 1, que l’on appelera le «produit»), mais aussi de l’IP sous-jacente et de la nécessité d’engager les fans sur une base cohérente. La presse généraliste semble obsédée par Pottermore en tant que plateforme de distribution, permettant pour la première fois aux fans, d’acheter des ebooks d’Harry Potter . C’est un développement futuriste important dans le monde de la distribution numérique directe, mais il ne représente qu’une fraction de la puissance potentielle de Pottermore.
Voici les premières réflexions à propos de la plate-forme, qui sont, par nature et à ce stade, encore un peu spéculatives .

Sont-Ils Tous Dans Le Même Bain ?

Pottermore semble avoir été conçu par un regroupement sans précédent des parties intéressées. En effet, il semble que, Bloomsbury, Scholastic et Warner Brothers soient tous à dans le staff de direction et, pour le moment, ils travaillent en collaboration vers un but précis et mutuellement bénéfique : faire en sorte qu’Harry Potter reste une marque de divertissement précieuse et robuste. Dans un paradigme classique où l’éditeur et le studio de cinéma communiquent rarement sur ​​les questions matérielles, cela peut représenter un changement de paradigme.
Naturellement, l’inclusion, l’approbation et la participation de Rowling elle-même est importante. Sans sa présence, toute l’entreprise serait instantanément rejeté par les fans comme étant un projet officieux, inauthentique et peut-être même un peu cynique. Jeff Gomez a prêché la nécessité d’impliquer une “vision créative” de l’IP  pendant des années, il apparaît que ses conseils soient enfin entendu. Rowling conserve un appréciable, mais juste, morceau d’équité dans ses créations, en dépit de cela, toutes les parties ont été financièrement enrichi par sa participation. Espérons simplement qu’une marge de manœuvre similaire sera donnée aux créateurs qui ne sont pas encore des noms aussi connus que celui de Rowling.
[Mise à jour 1 : Warner Bros a déposé la marque “Pottermore” il y a deux ans, mais il y a des spéculations que ce soit Sony – et non Time Warner qui soit  – impliqué dans le projet. Nous allons voir comment il se développe.]
[[Mise à jour 2 :  Wired spécule que Warner Bros n’est directement impliqué que dans la commercialisation de Pottermore].

Si vous allez faire la fête, nous préférons que vous le fassiez ici

Harry Potter a été le catalyseur de la création d’une grande quantité de communautés de fans dynamique au cours des années. Elles ont servi de dépositaires de l’information, de lieux de rencontre, de comptoirs de discussions et de studios de création pour des projets de fans. La question a été, bien sûr, qu’ils ne soient pas officiellement sanctionnés et ne pouvaient donc être, ni contrôlée ni directement monétisé par Rowling et ses partenaires.
Pottermore change radicalement cela. Son rôle est d’espérer d’amadouer le cœur des fans d’Harry Potter en rendant le site officiel comme étant leur maison, et a structuré un système de points et de récompenses dans une tentative de les y maintenir. Bien sûr, Pottermore à l’avantage concurrentiel important de posséder l’approbation directe de JK Rowling et la capacité de diffuser des contenus officiels. Il s’agit d’une stratégie élégante et  nécessaire qui permettra à Rowling de pousser le contenu et les marchandises directement vers les fans avec le  moins d’obstacles réels ou psychologiques possible à l’achat. Pottermore peut également, on verra ça plus tard, préparer la venue de nouveaux spin-off ou la diffusion de  fiction de fan co-créé – bien que nous aurons besoin de voir les termes et conditions afin de vraiment comprendre la dynamique sous-jacente qui est dans ce projet.
D’autre part, il est intéressant que Pottermore emprunte une page de Valemont en placant ses utilisateurs dans des «maisons» – leur permettant de mieux s’intégrer dans la fiction et de trouver de la solidarité avec d’autres utilisateurs.

Un Engagement Soutenu – Qu’il Faut Faire Durer

Pottermore ne fait pas face à un défi d’attirer l’attention. Il est pratiquement garanti qu’il va attirer plusieurs millions d’inscriptions dans ses premiers jours. Le plus grand combat sera atteint en évitant le sort ultime de la plupart des communautés de fans “officielles”. Parce que les propriétaires d’IP sont habitués à travailler avec des cycles de publications et en se concentrant sur le retour sur investissement, les communautés officielle ont tendance à se concentrer autour de versions majeures. Ils lancent en fanfare leur site, les utilisateurs migrent afin de vérifier le contenu … et de remonter progressivement vers les sites de fans d’où ils viennent, frustré par le manque de mises à jour et le contrôle oppressant de ce qu’ils peuvent dire et faire.
Pour réussir en tant que communauté, Pottermore devra plus être comme Facebook que comme un site typique de film. Il doit se concentrer sur l’entretien d’une communauté sur le long terme, et il doit maintenir l’élan après le battage initial et que la vente d’ebook se soit apaisée. Le fans, raisonnablement, ne devraient pas se sentir limité ou censuré. Par ailleurs, le site ne peut pas laisser son avantage concurrentiel – le contact direct avec Rowling – caduc. Alors que JK Rowling devait maintenir un degré de distance et de mystère, elle doit maintenant apparaître ici et là à des moments inattendus afin de tenir la communauté excitée. Du contenu (nouvelles histoires) doit être mise en ligne progressivement et, idéalement, devrait être substantiel.
Par ailleurs, les “Potter whisperers” – employés à temps plein – ont besoin d’être à portée de main 24 / 7 pour attiser le feu des discussions. Tout cela doit être fait dans le cadre d’un environnement favorable, sécurisé et contrôlé.  C’est un véritable défi.

Une Exception – Ou Un Nouveau Paradigme?

On ne peut nier que le dévoilement de Pottermore est un événement spectaculaire, précisément parce que c’est Harry Potter, probablement la marque littéraire la plus puissante sur la planète. Peu d’autres IP (propriétés Intellectuelles)  pourraient lancer une expérience similaire avec la même réussite, et certains pensent que Pottermore n’est possible que parce qu’il est lié à Harry Potter.
Cela dit, il semble clair pour moi que Pottermore – ou une dérivation de ses meilleurs éléments – représente la prochaine étape dans l’industrie du divertissement, au moins aussi loin que les IP et les franchises majeures iront. De plus en plus, une poignée de propriétés vont dominer le paysage de la culture pop,et au total, s’avérer plus rentable que la plupart des autres publications “long tail”. Le public pourra s’engager avec ces IPs comme marques de mode de vie, comme la base des relations sociales, et en tant que centres de création de leurs propres créations originales. Il est d’une logique absolue que toutes les IPs importantes vont tenter de séduire leurs fans d’une manière aussi authentique et adaptée que possible (et cela peut aussi s’étendre aux marques de non fiction). Les marques plus petites peuvent tenter de créer des communautés chapeautées par des marques, par exemple, par entreprises ou par genre.
That is not to say that the transition to similar “fan hubs” will be smooth. Pottermore may not be immediately embraced, or sustainable. Moreover, in the wake of Pottermore, and perhaps some panic from competitors, we will see several poor imitators launched. In the same way that Avatar cued a slew of inferior 3D releases in movie theaters, it can be certain that if Pottermore succeeds, others will try to get in on the act. They can only prosper if they truly understand both the underlying intellectual property, and those who are devoted to it.
Cela ne veut pas dire que la transition vers des «hubs de fan” de ce type se fera en douceur. Pottermore peut ne pas être immédiatement adopté, ou durable. Par ailleurs, dans le sillage de Pottermore, et peut-être créé dans la panique par ses  concurrents, nous allons voir le lancement de plusieurs mauvais imitateurs. De la même manière qu’Avatar a été suivit d’une flopée de films 3D de qualité discutable, il peut être certain que si Pottermore réussit, d’autres vont essayer de mettre la main sur ce type de projet. Ils ne peuvent prospérer que si ils comprennent à la fois la propriété intellectuelle sous-jacente, et ceux qui lui sont dévoués.

Pour aller plus loin :
Pottermore et allemand / français dans Harry Potter / Livre / transmedia / Bethoux (marsattac)
en Fr
http://www.actualitte.com/actualite/26753-pottermore-lecture-internet-harry-potter.htm

détail de l’interface :

http://www.actualitte.com/actualite/26753-pottermore-lecture-internet-harry-potter.htm

En En
http://henryjenkins.org/2011/06/three_reasons_why_pottermore_m.html
http://blogs.edweek.org/edweek/LeaderTalk/2011/06/what_pottermore_points_us_towa.html
http://www.periscopepost.com/2011/06/j-k-rowling-opens-pottermore-com-embraces-digital/