Voici une courte série de billets à propos d’un sujet qui intéresse pas mal de personnes : comment gagner sa vie en écrivant pour le transmédia. Freelance, Salarié, Entrepreneur, les trois solutions seront abordées avec leur avantages et leurs inconvénients. Ces billets sont issus du blog d’Andrea Phillips donc ils abordent le sujet d’un point de vue américain. N’hésitez pas à commenter le sujet pour l’élargir d’une vision Française, Belge voire Québécoise ou Africaine. Thank a lot Andrea.
La semaine dernière, j’ai écrit un billet pour Chuck Wendig à propos de l’amusement que l’on retire à écrire pour le Transmédia par rapport à l’écriture au sens noble du terme.
Et Chuck a répondu :

“Il est un sujet que j’aimerai que vous abordiez soit brièvement dans les commentaires ou plus explicitement dans un article sur votre blog, c’est comment gagner sa vie en écrivant pour le transmédia. Je suis persuadé que c’est amusant – et ça l’est ! – mais je sais qu’être payé est toujours une préoccupation. Et je sais aussi qu’il est possible de se faire payer pour réaliser des projets transmédia géniaux. Bon ok, dans certains cas, pas beaucoup, mais suffisamment pour justifier l’effort consenti comme étant une évolution de carrière plutôt que comme un hobby.
Par où commencer ?
Est-ce une combinaison habile de travail freelance et de vos propres travaux ?
Comment faites-vous pour monétiser votre propre travail ?
Ou, votre propre travail est-il juste un prototype pour un paiement futur ?”

Voici la réponse d‘Andrea Phillips :
Comme on peut le voir au-dessus, il y a deux questions différentes.

  • Comment faire pour qu’une carrière devienne transmédia ?
  • D’où vient l’argent qui finance le transmédia ?

Lecteur, si vous voulez faire une carrière dans le Transmédia, permettez-moi de vous éclairer. Vous pouvez être un freelance (indépendant), un employé ou un entrepreneur. Pour l’instant, jetons un coup d’œil aux deux premières possibilités.

Et pourquoi ne pas travailler en Freelance ?

Travail nocturne, en pantalons de survêtement, et la liberté : C’est la vie du freelance. En transmédia, vous pouvez même bien gagner votre vie. D’après mon expérience, si vous pouvez faire le travail rapidement, cela paie très bien. (Bien que les taux US varient énormément)
Le travail freelance est un moyen facile pour débuter, car une société ne se sent pas piégée et peut vous essayer, ce n’est pas comme si elle devait prendre un engagement permanent. Il est formidable (et instructif) de voir comment les différentes entreprises opèrent de l’intérieur. Vous pourrez apprendre les meilleures pratiques et approches philosophiques qui vous permettront d’améliorer votre travail.
Alors, comment allez vous faire ? Pour obtenir un travail freelance vous devez disposer d’une compétence à vendre. L’écriture est une bonne chose, mais le travail de production et le développement technique sont encore mieux. Vous avez également besoin d’avoir un portfolio qui démontre que vous avez les compétences dont vous parlez. Et puis surtout, vous avez besoin de vous faire des amis et d’influencer les gens.
C’est la partie la plus difficile ! (et de loin)
Travailler en freelance dans le transmédia c’est un peu comme être pigiste dans un autre domaine, votre carrière est liée à votre réputation et à vos contacts. Si vous êtes vraiment chanceux – comme moi ! – vous avez des contacts qui vous donneront un coup de pouce lorsque vous débuterez, avant que vous ayez une bonne réputation.
Sinon, vous allez devoir dépenser beaucoup de temps et d’énergie à vous bâtir une réputation. Malheureusement, faire un excellent travail et le mettre en ligne ne suffit pas, loin de là !!!
Voici les choses qui peuvent faire de vous une personne recherchée :

Mais tout cela est “time consuming” et n’améliore pas le niveau de votre travail. Et si vous n’êtes pas efficace, personne ne vous engagera, même si vous avez une grand gueule.
Moi, je préfère travailler que me stresser tous les jours. Mais …

Travailler en Freelance est dur

Je vais être très franche avec vous : c’est difficile.
L’essai : “Seven Years as a Freelancer, Or, How to Make Vitamin Soup” (Sept ans en tant que pigiste, ou comment fabriquer de la Soupe à la vitamine)  a été d’une déchirante résonance avec ce que j’ai vécu, en raison de sa représentation exacte de la vie d’un pigiste. Vous n’êtes jamais tout à fait sûr d’où en est votre prochain projet. Même lorsque vous travaillez, vous n’êtes jamais tout à fait sûr de la date ou votre prochain chèque va être créditer sur votre compte. Il m’est arrivé d’avoir été payé d’avance voire à temps, et des fois (malheureusement, le plus souvent), j’ai été payé quatre mois après, voire plus, soit bien après la fin du projet.
En effet, laissez-moi vous parler crûment. Je suis, quelque part, un écrivain et une designer transmedia de premier plan . J’ai beaucoup de glamour, des projets de grande envergure sous le coude, et de nombreux prix scintillant sur ​​mon CV. J’ai des contacts amicaux dans les réseaux de télévision, les studios de cinéma, les sociétés de médias, les agences numériques. Les gens me disent régulièrement qu’ils sont jaloux de ma capacité à bousculer et à trouver du travail  assez régulièrement.
Mais en ce moment, je suis en recherche de contrats. Je n’ai rien en vue.
Bien sûr, quelque chose pourrait arriver ce mois-ci, ou le mois prochain, ou celui d’après. Mais il se peut aussi qu’il ne se passe rien, que rien n’arrive !
Si vous envisagez de plonger dans le freelancing Transmedia, penchez-vous sérieusement sur ce que j’ai dit au-dessus et décider, en connaissance de cause, si c’est quelque chose que vous pouvez gérer. Et si vous êtes sur le marché en tant qu’indépendant, appelez-moi. Sérieusement !

Être salarié !

Un nombre croissant d’entreprises préfère avoir leur talent à l’interne ou travailler exclusivement avec leurs employés actuels ; certains de mes amis de l’industrie estiment que le marché freelance (US) est en voie d’assèchement.
D’autre part, beaucoup de mes collègues qui, parfois, font un travail transmédia, n’en font que parcimonieusement. Il y a une poignée d’entreprises là-bas qui se concentrent sur le transmédia, les jeux en réalité alternée, les jeux pervasifs et sociaux, et ainsi de suite. … Mais pas tant que ça, et ce sont principalement de petites structures qui n’embauchent pas. Il est relativement plus facile d’obtenir un emploi dans une agence numérique, une société de production des médias, un studio de cinéma ou une chaîne de télévision, où l’on peut parfois faire un travail transmedia (mais pas aussi souvent que vous le souhaiteriez).
Si votre cœur et votre âme sont tout le temps branchés sur la réalisation de projets transmédia, la majeure partie des emplois permanents disponible vont vous frustrer à un point pas possible.
Il y a une plus grande barrière à l’entrée pour un emploi permanent, vous allez devoir prouver que vous savez ce dont vous parlez. Mais une fois que vous avez un emploi, vous gagnez le jack-pot, c’est à dire :

  • Etre payé régulièrement,
  • des impôts plus simples à calculer,
  • une assurance maladie,
  • des jours de congés payés,
  • et si le pire arrive … l’assurance chômage. Oh, le luxe !

Ce n’est certes pas mon domaine d’expertise. J’ai trouvé mon poste chez Mind Candy grâce à une combinaison de chance et de détermination. Prenez donc ce que je dis avec des pincettes.
Si je pouvais offrir un conseil à ceux d’entre vous qui cherche un travail régulier dans le transmédia, c’est de parfaire votre employabilité dans un secteur étroitement lié – le marketing, par exemple, ou la production cinématographique. Ensuite, démontrer votre intérêt et vos compétences dans le Transmedia devant des gens qui peuvent donner le feu vert à un projet . Vous préparer à faire un mouvement latéral (dans l’entreprise) est probablement plus facile et plus sûre que d’essayer de se faire embaucher comme, par exemple, directeur de création d’une agence transmédia …

L’esprit d’entreprise

Ai-je été assez sombre et décourageante ?
Cher lecteur, es-tu rempli d’une certaine appréhension ?
Persévére car il existe une troisième voie.
Plutôt que de vous lier à une société (ou un  réseau de sociétés), prenez donc les choses en mains.
Vous pitchez, vous trouvez les fonds, vous monétisez.
Je vais aborder ce problème dans la deuxième partie de ce post. Stay tuned.