En corrélation avec la sortie de son résumé (Transmedia Rising) du monde des cross-plateformes, JWT Intelligence a publié une interview de Mathew Cullen. Cullen est le co-fondateur de Mirada Studios, un nouveau studio axé sur le transmédia situé à Los Angeles et co-fondée par réalisateur du Labyrinthe de Pan et de Pacific Rim : Guillermo del Toro.
C’est, à ma connaissance, la première fois que l’on s’intéresse de près à Mirada depuis leur premier communiqué de presse d’il y a plusieurs mois. Je viens de réaliser un assemblage de quelques passages clés, tout en vous recommandant d’aller sur le site de JWT pour y lire l’intégralité de l’interview.
Comme d’habitude, peut-être que le plus intéressant est ce que Cullen ne dit pas … Il n’y a pas de détails sur l’un des projets de Mirada qui est actuellement en développement (même si nous pensons fortement à Pacific Rim de Del Toro). Le studio semble être mis en place pour soutenir une créativité interdisciplinaire, avec apparemment la capacité d’effectuer une grande partie de la réflexion nécessaire, des maquettes numériques et même de la programmation en interne. Depuis que Mirada est alimentée par  la vision artistique unique de Del Toro et l’ impressionnant pedigree de Cullen en vidéo musicale, une chose est certaine : nous allons regarder ce studio et voir ce qu’ils vont produire au cours des prochaines années.

Comment décririez-vous Mirada?

Nous avons voulu créer un autre type de studio et d’entreprise qui serait pertinent par rapport à la façon dont notre industrie a évolué. L’idée derrière tout cela était qu’il y avait une réelle opportunité à mixer toutes les choses que nous avions exploré individuellement pour créer des expériences narratives multi-plateforme. Et il y avait une véritable synergie pour être en mesure d’amener ces [ le divertissement et la publicité] mondes ensembles et, avec nos expériences, couvrir toute la gamme des genres des possibilités qu’offrent les médias.
Il y a des expériences appréciables pour apprendre des deux côtés du business. Du coté de l’industrie de la publicité, ce que j’aime, c’est cette capacité à être à la pointe de la culture populaire. Et pour utiliser des médias dans un marché qui a un vrai sens de l’immédiateté, où nous sommes constamment en mesure d’expérimenter et d’innover, en répondant à la langue vernaculaire culturelle. L’industrie du divertissement est une entité beaucoup plus lente à faire bouger mais qui est experte dans la création de récit. Ce sont les principales raisons pour lesquelles on aime se perdre dans des expériences de divertissement.
Il y avait une idée de créer une entreprise qui aurait été en mesure de parler ces deux langues. Et c’est comme ça que nous voyons Mirada, comme une entité malléable. Nous la voyons comme une société en pleine évolution, avec les parties suivantes :

  • concept design,
  • studio d’animation,
  • studio d’effets spéciaux,
  • société de production,
  • société de développement.

Une société qui soit interactive et technologique.
Le mot à la mode est «transmédia». Mais l’idée de voir comment vous prenez une expérience narrative et que vous l’étendez à travers le plus grand nombre possible de modèles de distribution est vieille de plusieurs milliers d’années. En raison de la transition entre la technologie et la narration, et des possibilités de ce que nous pouvons faire aujourd’hui, le transmédia commence à faire un peu plus partie de notre langage quotidien. Mais pour nous, dans la construction de Mirada, nous le regardons comme un modèle en constante évolution. Ce modèle serait de centraliser le processus de création et de production afin que tous les différents aspects du business puissent communiquer les uns avec les autres d’une manière beaucoup plus claire afin que nous puissions développer les possibilités qui se présentent d’elles mêmes.

Pourquoi pensez-vous que le transmédia soit sous les projecteurs en ce moment ?

Si on y regarde ça du coté historique, Disney a été un grand innovateur pour le Transmedia. Il a pris des personnages que les gens ont adoré et des histoires que les gens ont adoré, et les a étendues à la télévision, aux parcs d’attractions et au merchandising. Regardez combien de possibilités créatives et financières différentes il a été en mesure de construire. Mais la chose la plus importante est que tout a été articulée sur la base de personnages forts et d’histoires que les gens aiment. Tout le monde ne peut pas être Disney, évidemment. Mais maintenant, ce que nous constatons, et ce qui est passionnant, c’est une renaissance complète dans le domaine de la créativité et celui de la technologie, et où les deux se rencontrent.
Le modèle de distribution a complètement changé, où quelqu’un avec de grandes idées a la possibilité d’étendre ces idées et de toucher des millions de personnes dans le monde, juste avec un clic de souris. Il y  a une égalisation de la puissance sur le marché, et cela ouvre plus de possibilités pour les gens. Et aussi, il y a plus de façons de communiquer avec les gens.
Je ne pense pas que le transmédia soit une notion complexe. Tout ce qu’il est, c’est de prendre une expérience narrative et de l’étendre à de multiples plates-formes. Mais tout cela n’est que l’idée centrale. Si vous créez un personnage mémorable, vous pouvez créer une application qui vous permet de creuser un peu plus dans sa psychologie, ou une émission de télévision basée sur sa vie, ou une affiche qui vous rappelle ce que vous aimez à propos de ce personnage, et cetera . Une histoire qui nous engage émotionnellement a la possibilité d’avoir une vie qui se prolonge dans plus de médias .

Comment voyez-vous le monde de la publicité et du marketing s’adapter à ce nouveau modèle ?

Je pense que les créateurs et les directeurs artistiques ont des choses vraiment incroyable à dire. Beaucoup d’entre eux sont de vrais réalisateurs. Beaucoup écrivent des scénarios et développent différents types de projets de divertissement. C’est peut-être juste qu’ils n’ont pas une avenue à explorer. Comme les marques se rendent compte qu’il y a beaucoup plus de potentiel pour une publicité au-delà d’une durée de 30 secondes, en termes d’engagement du public, cela crée beaucoup plus de possibilités pour les créatifs qui sont alors en mesure de déployer leurs ailes.
Je vois plus de scénaristes exceptionnels, tant au cinéma qu’à la télévision, commencer à s’intéresser au monde de la publicité, des jeux vidéo, de sorte qu’il y a beaucoup plus qu’un dialogue entre les business. À la fin de la journée, il y a tellement de points communs entre eux, il y a tellement de liens entre l’industrie du divertissement, celle de la musique, le secteur de la publicité et l’industrie des technologies, nous ne pouvons pas les ignorer. Et il y a tellement de chevauchement-il n’y a pas d’approche en noir et blanc. Chaque approche est grise, ou comme j’aime à le penser, complètement en couleur.